Ben Ali, tête de l’art !

27 Mars 2011

L’artisan du coup d’état médical et du tristement célèbre « Ere nouvelle » n’a pas la cote même parmi ses pairs, tyrans déchus, contrairement à qui, Ben Ali n’a pas brillé par ses effusions artistiques. Aucune étincelle ! Un dictateur inculte, voire illettré, qui a tordu le coup aux vieux clichés sur les frasques culturelles des despotes et leurs rapports ténébreux avec l’art. Ben Ali, piètre orateur devant l’éternel, n’était rompu qu’à l’art de piller et d’opprimer, même Néron en serait indigné.  Quand on sait que même le Guide Vert, à ses heures perdues, coincé entre sa tente et sa chamelle, a goûté à la littérature et a commis, en1998, un recueil de nouvelles, étrangement prémonitoire, intitulé Escapade en enfer. Quant à son fils, Seif El Islam, apprenti dictateur, a donné, dans la peinture, libre court à son hypothétique talent et exposé le fruit de ses pinceaux, en été 2002, à la galerie londonienne « Albert Memorial Gardens« . Une exposition, placée sous un thème tout aussi annonciateur « The desert is not silent » (Le désert n’est pas silencieux). 

Avec Joseph Staline mordant à pleines dents dans la poésie, le Duce Benito Mussolini s’épanchant aux romans ou Adolf Hitler épris d’opéra et de peinture, sans compter Nicolae Ceaucescu, génie des Carpates et Danube de la pensée , ou Saddam Hussein qui s’était essayé au roman. Même Anouer Sadate, qui a raté sa vocation de comédien, était allé de son sabre littéraire pour pondre un essai autobiographique, « quête de soi-même » (Bahth ani Ethet ). C’est bien connu que les dictateurs ont bien pompé dans les expressions artistiques, peut-être par besoin de s’expier un tant soi peu de leurs exactions ou de conserver un fond d’humanité, à moins que se soit une mode bien en vogue parmi les dictateurs !     Notre Ben Ali n’a pas fait honneur au « cercle des despotes disparus ». Il est d’ailleurs le seul, parmi les autocrates détrônés, à fuir le pays. Après moi, le déluge ! Historiquement, un dictateur, ça se tue ou ça se suicide, mais Ben Ali, de sinistre mémoire, lâche et poltron, en a fait l’exception ! Il n’en a pas eu entre les cuisses pour en faire de même ! Il a beaucoup plus de cervelle dans ses pieds que sous le crâne ! Certes, la dictature n’a pas de hiérarchie, mais notre Zine El haribine aurait été certainement en queue de peloton,  au bas étage. Même à l’école tyrannique, il est le cancre de la classe ! Et dire que nous avons été gouverné, pendant 23 ans, par un tel sinistre et non moins ignare olibrius ! Ben Ali Baba louchait tellement du coté de sa caverne qu’il en a chopé une myopie socio-politique, tout content de combler les caprices extravagants de sa « Première Damnée » ! Cet illuminé mauve n’a jamais été que lanterne rouge!